Une vie de célibataire exemplaire : 100 trucs qui vous feront aimer la vie de célibataire ! 100 trucs sans commisération ni apitoiement … mais pas forcément intelligents ! (10)

  1. Cher célibataire, sais tu que tu serais plus propice que n’importe quel individu à investir dans un animal domestique ? Chien, chat, cochon d’inde et serpents exotiques sont tes amis, il faut que tu les aimes aussi. Dis-toi bien qu’ils te le rendront au centuple et que les sacrifices que tu feras dans leur direction ne seront que peccadilles par rapport à ce qu’ils te rendront de gueule reptilienne satisfaite, de moue lapinienne extatique ou d’accueil frénétique de queue de chien contre ta jambe à chacune de tes arrivées. Ce que ne ferait aucun être humain, soyons clair, même payé.

De la même manière, il s’avère que tu es le candidat idéal au placement d’argent dans une cave à vin. Oui tu sais, ces grandes armoires vitrées que tu te laisses parfois aller à scruter amoureusement dans les restaurants, celle-ci recèlent des trésors d’ivresse. Des bios aux médaillés d’or, du rouge au champagne rosé, tu les couves amoureusement, déçu que, de les serrer les uns contre les autres, cela ne serve pas à ce qu’elles se reproduisent toutes seules.

Aussi ne saurais-je trop te recommander de placer tes pions dans l’une de ces deux cases, d’abord parce qu’il faut bien occuper son temps par des passions quand la seule Passion que l’on croise régulièrement,  c’est celle du Christ au détour d’un vitrail sinistre ou celle d’un attachement  immodéré pour le chocolat. Et puis pour ne pas faire mentir les statisticiens, car ce sont des gens sérieux et bon travailleurs,  dont les efforts nous poussent à penser qu’il existe une norme, c’est à dire une moyenne découlant elle-même de situations complètement disparates et donc non significatives… mais je m’égare.

Tu pourrais même dans un esprit de performance propre à notre gouvernement actuel te lancer dans les deux ; on n’est jamais assez prudent surtout face à des ressources épuisables.

N’aies crainte, personne n’ira frapper à la porte de la SPA en disant que les célibataires maltraitent les animaux domestiques parce qu’ils leur font subir les affres et les splendeurs de la vie du couple : « alors tu es enfin rentrée pomponette, t’étais où vilaine !  » ou « tu t’en es mis plein la panse Médor et t’aime ça, mon gros ». Tout le monde sait bien que l’on s’adresse avec bien plus de considération aux animaux domestiques que certains de nos dirigeants au smicards !

Quant à savoir s’il existe une société protectrice des grands crus, cela reste pour l’instant confidentiel. Occupé à mettre en place un plan pour supprimer les Vieux-Papes et Médoc élaborés à coup de sulfates et de mélanges de mauvais crus,  ils glisseront sur les  tortures que tu feras subir à tes élixir en les couchant alors qu’il ne faudrait pas, en les surchauffant  ou en les asséchant… après tout, tu seras le premier puni.

Si tu as choisi d’assumer le doublon, fais attention car il n’est pas tellement recommandé de sustenter les souris et les hamsters de château d’Yquem, il en résulterait des  désordres dans leur cage (surtout si les deux espèces se croisent) et des odeurs dont tu auras du mal à te remettre (le vomi d’une joli petite souris, reste du vomi).

Ne te mets pas non plus en tête de promener négligemment ta bouteille de Cheval Blanc dans les rues de ton quartier au bout d’une laisse ou bien d’apprendre à parler ou à voler à un Gewurztraminer, il se pourrait que ce soit mal interprété par tes voisins.

Pourtant je te le dis, en assumant pleinement ce double dada, tu es en avance sur ton temps. Apprend à ta bouteille à être propre (et vide par conséquent) et caresse lui sans vergogne le ventre et le goulot, elle te le rendra bien en ronronnement. Hume ton chat comme tu le ferais du meilleur cru et entends ses miaulements comme ils t’enivrent, on sait bien que tout le plaisir et la satisfaction que l’on peut recevoir dans ce monde  viennent en grande partie  de ces amours-là !

 

  1. Beau poil, sacré tanin, belle opacité, griffes et léchouilles… je pense que sur e-bay tu aurais fait sauter les enchères… seulement à l’usage, tu y serais retourné souvent aussi…
  2. Parfois tu erres entre deux états, pas ceux d’Amérique, pas ceux de tes comptes bancaires, non quelque part entre les deux et tu te questionnes sur le sens de ta vie. On t’a appris qu’  « être », c’était avant tout « être deux » et qu’en plus, ça indiquait que tu te reproduirais un jours. Mais voilà, il se trouve que ta vie par des cahots et des nids de poules insoupçonnables a pris un cours différent. Faut-il s’efforcer d’attendre patiemment la prochaine marée, l’ancre posée en fond de cale, ou bien s’avouer vaincu et s’échouer lamentablement sur la grève en déversant toi aussi ton lot de déchets toxiques que tu n’as pas su digérer.

Cher Célibataire, je dirai que je vois une solution alternative plus ou moins durable. Plutôt que de cherche un sens à tout cela, invente du son.  (Attention de ne pas confondre le « s » avec un « c », cela arrive assez souvent malheureusement.)

Oui, invente la bande-son de ta vie. Laisse toi couler du reggae, sape toi de classique romantique, fais ton chaud sur de la pop-variété, hurle du punk à la face de ton patron. Au vrai, ce sont les musiciens qui savent le mieux donner de la densité aux minutes de nos vies. Un rythme qui balance, un son qui groove et voilà que ton univers reprend de la couleur. On ne sait pas où on va, on ne sait pas dans quel état on sera demain, ce n’est pas grave, allume ton ampli, rajoute des basses, gratouille tes cordes de vie et dodeline du chef. Sens-tu les vibrations qui font redémarrer ton moteur en rade ?  Tu peux même voguer vers un peu de nostalgie, revisite tes grands moments musicaux  : tu a été fan de House, tu a pissé dans ton froc pour aller écouter du Metallica, tu a pleuré à chaque passage radio de Meccano, tu as eu les poils hérissés en écoutant une symphonie de Sibelius et tu as pris toutes les grandes décisions de ta vie sur des titres de Bowie, tu vois bien que tout prend figure désormais. C’est la musique qui fait le monde, les plages de la bo de ta bio se sont construites malgré et avec toi… Et la musique c’est du hasard comme les mathématiques… Les mailles sonores se sont accrochées les unes aux autres et ont formé un pull que tu pourrais auditionner en un rewind permanent, car tout reviendrait à chaque mesure : les personnes croisées, les émotions, les coups de cœur, les  grandes déprimes, les premières fois et les jamais plus. Que de bons moments aux creux de tes oreilles. Alors imagine si tu pouvais faire la playlist d’un avenir serein. Sélectionne les titres, teste les notes, laisse fusionner les tendances dans ton esprit  : tu ne maîtrises pas l’avenir, tu n’as sans doute pas choisi grand-chose des données de ton présent – tout juste de quoi dire que t’as un peu de libre arbitre – mais ta bande-son, celle du passé, du présent et des semaines à venir t’appartient.  Alors putain, mets du son !

  1. Sous ton dos nu, fléchir était mineur… après un couplet de tes fadaises, une solution s’avérait majeure… j’ai lacéré notre si joli couple… dommage….

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  1. Cher(e) Célibataire, ta relation au supermarché doit changer. Car sans doute l’as-tu remarqué dans ton for intérieur : le supermarché est la succursale de l’enfer. A chaque coin de rayon, des châtiments, au détour d’une gondole, des tentations à ne plus savoir qu’en faire et on y erre l’âme en peine en espérant échapper aux sirènes qui voudraient nous entraîner plus bas que les promotions.

Alors certes tu dois y descendre régulièrement pour t’approvisionner et tu pourrais tenter d’y échapper en recourant à d’autres lieux moins sataniques, le marché du dimanche, le magasin  biobobo en vrac. Mais il reste des denrées que tu ne trouveras que là bas comme la crème de marron, élément indispensable à ta vie, s’y présentant avec un prix tellement attractif que cela frôle le niveau de torture subi par les martyrs chrétiens dans l’antiquité !

Aussi voici quelques conseils que tu suivras plus rigoureusement que les dix commandements car tu es bien évidemment mon disciple …. Je m’égare… alors prenons un stationnement moins gênant…parce que là tout de suite, tu n’as rien d’autre à faire qu’à lire cette chronique …

Si tu dois te rendre dans ces lieux de perditions, fais plusieurs prières (surtout à ton banquier) et munis-toi de ta carte bleu et de carte de fidélité placé en croix au devant de toi. Puis  tu respecteras les trois consignes suivantes :

– évite certaines heures et certains jours. Si tu veux par exemple ne pas te retrouver face à d’autres esseulés comme toi (traduis succubes), qui fuient d’un rayon à l’autre en jetant des regards apeurés, craignant qu’on ne les surprenne en ces lieux maudits identifiés, n’y va donc ni le vendredi soir, ni le samedi après midi. N’oublies pas que tu peux te retrouver subitement face à l’un d’eux (traduis démon de niveau 2) devant le rayon banane ou l’étale de cuisses des dindes et dieu seul sait si il ou elle pourrait te lancer un regard  lourd de sous-entendus capable de défier les lois de la gravité terrestre. Evite aussi le mercredi après midi, toi, le « sans couple »,le « sans enfants », les grappes familiales attachées à des caddies (traduit diablotins, harpies et Lucifers associés) auront sur toi des effets négatifs : et pour éviter que les relents de nostalgie, de culpabilité et de sentiment de vie ratés se mêlent au souffre ambiant, il faudra contrebalancer par l’achat de deux à trois pots de Nutella et tout le monde sait que l’huile de palme, c’est pas bon pour la planète !

– deuxième danger : n’approche pas ces enfers à l’approche de certaines fêtes : la saint valentin, la fête des mères, des pères, Noël… autant de coups de couteau dans le dos que t’envoie la grande distribution sous couverts de bons sentiments… avoue qu’ils sont drôlement forts dans ce domaine pour  te faire penser que tu n’es pas leur cible principale ! Diable mais c’est une chance en fait !

– troisième et ultime danger : éviter le cruel dilemme du caddie ou du panier, piège bien connu des textes sacrés ! Tu voudrais éviter de te tuer le dos en portant un panier ou de ressembler à ta voisine qui a dépassé de vingt ans l’espérance de vie moyenne des français en tirant une hideuse charriote rouge en plastique (la couleur du diable). Mais un caddie aux deux tiers vides, c’est un indicateur plutôt triste qui dit de toi sociologiquement que tu es seul ou bien pauvre ou bien probablement les deux.

Sans doute les autres y seront indifférents car quid de l’humanité dans la géhenne mais toi en le poussant, tu ne verras que ça !  Aussi pour encore fréquenter ces rives du Styx :

– vas-y à l’ouverture, en compagnie de personnes âgées, tu te sentiras fringuant et tu auras l’impression de faire tes courses à la vitesse de la lumière (attention à l’effet rétroactif quand tu reviens dans la société normale) !

– et pointe toi entre le 28 et le 29 février : selon les calculs savants des astrologues et prédicateurs de ma connaissance, ce sont les seules dates à laquelle, tu risques le moins d’être confrontés à ces supplices !

 

  1. Faire les courses la première fois avec son partenaire officialise encore plus un couple qu’un passage en mairie. L’histoire ne dit pas qui paie la note. Néanmoins, je t’aurais donné tous les points fidélités de ma carte si nous avions arpenté ensemble les mosaïques beiges d’un magasin.
  2. Cher(e) célibataire, il va falloir faire profil bas. Noël approche. Terrain miné, parmi d’autres. Tu vas devoir réfléchir à ton positionnement par rapport à cette fête et celles qui suivront. Que vas-tu célébrer exactement ? La naissance du petit Jésus ? Sérieusement, ça fait un bout de temps que le seul petit Jésus avec qui tu discutes à une bonne salaison et se marie parfaitement avec du Bourgogne. Alors peut-être pour fêter la famille ? La famille qui est encore dans l’esprit de beaucoup de français une cellule composée de deux personnes sur laquelle se greffent d’autres individus qui vont aller par deux et ainsi de suite !! Dans ce système tu risques d’être le nombre premier, le hiatus ! Peut-être as-tu des enfants, des parents ? Mais est-ce que cela suffira à faire de toi un foyer, une famille ? Tu es l’électron libre, la chaussette solitaire accrochée au manteau de la cheminée au milieu des paires !Bon reprends un verre (oui avec ton petit Jésus) et arrête de t’apitoyer sur toi-même et écoute bien. La famille classique a volé en éclat depuis quelques décennies.  Dieu merci elle nous étouffait par son omniprésence (la littérature peut en témoigner). A la place sont en train de naître des milliers d’autres modèles. Alors créée le tien. On peut être « un », « deux », « trois », « dix mille » (plus complexe pour la vie quotidienne), que des hommes, ou que des femmes ou peut-être que des êtres humains ou des êtres vivants… ? Propose et dispose : tu n’es pas une chaîne de fabrication suédoise : tu as tes propres décorations et tes guirlandes personnelles. Tu les as construit patiemment  alors arbores les avec fierté ! Mets-y même quelques lumières pour les rendre visibles car cela fera du bien à ceux qui souffrent de ne pas être dans la norme. Tu te sentiras alors mieux en cette période de conformisme qui a tôt fait de mettre à bas les vrais sentiments.  Au pied du sapin, ton cadeau sera celui que tu n’as pas eu besoin de dégoter au prix de sueur, stress et peau de fesse dépensés trop largement en période pré-noëlistique : tu es ton propre Père Noël !

     

    40. Tu crois qu’on aurait pu former une famille à trois, toi, ta femme et moi  et fêter Noël ensemble ? Qui sait ?

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33. Si le célibat a la vie dure, au moins autant que le granit rose, les clichés sur le célibat résistent bien davantage à l’érosion.

Ceux du célibataire endurci dont la vie n’est que plaisirs, du déprimé qui pleure à toutes les soirées, du jaloux de la vie des autres couples qui prédit à chacun un divorce ou un veuvage, du célibataire inaccompli dont la réussite ou le bien-être personnel ne pourrait jamais égaler la félicité d’un couple, de l’aigri qui déversera sur le monde le noir de ses rancœurs. Celui de la vieille fille avec ses chats ou ses bouteilles d’alcool ou peut-être même les deux, ou du vieux garçon avec ses chemises bien repassées téléphonant tous les jours à sa maman dans une vie mieux organisée que celle de l’élite de la nation…

Les cases n’attendent qu’à être remplies et forcément toi, âme esseulée, tu dois bien rentrer dans l’une d’elle. Quoi tu résistes ? Tu voudrais démontrer que tu ne maîtrises pas l’image que tu renvois et qu’à l’intérieur de toi… oui à l’intérieur de toi, il y a quelqu’un d’autre, quelqu’un d’unique, bien loin de tout ce que l’imaginaire de la société projette… différent de ce à quoi le marketing ou certains scénarii de film (mais est-ce vraiment différent parfois ? ) voudraient t’assimiler.

Tu pourrais ainsi te présenter à chacun avec un sourire colgate 100 % béton, des paillettes dans les yeux (mais pas trop, ça pourrait abîmer ton iris), un esprit plus positif que celui des témoins de Jéhovah ou des adhérents de Rahel, ce ne sera pas convaincant. Au fond on n’échappe pas à un lieu commun en le fuyant. Aussi je te propose de porter ton stéréotype comme une seconde peau, d’en faire un faux coming out assumé. Force le trait, fais plaisir à ceux qui t’ont taillé un costume pour les dix hivers prochains (car il en faudra au moins dix au rythme du réchauffement climatique). Et pour cela, voici quelques répliques que tu pourrais glisser subtilement et régulièrement dans les conversations mondaines afin que le doute ne subsiste plus :

– la compagnie de mon chat est préférable à celle des êtres humains

– Maman a toujours raison

– je ne jure que par mon organiseur de planning, mon meilleur confident

– je préfère baiser un bon petit cul en fin de soirée que me taper bobonne tous les week-end (aucune inquiétude, on peut mettre la phrase au masculin : « un mec c’est quand même mieux qu’un gode mais ça vaut pas le coup d’y consacrer plus de dix minutes par jour »)

– jamais la solitude ne m’a paru aussi compacte, je pourrai me suicider rien qu’en m’étouffant avec

– un couple ne dure pas au-delà de trois ans

– j’ai le sentiment qu’il me manque quelque chose mais je n’arrive pas à mettre le doigt dessus

– de toute façon on va tous crever !!

Une fois que la correspondance entre vous et l’un des clichés nommé ci-dessus sera établie, plus personne n’osera évoquer devant vous l’éventualité que vous en soyez. Car rien n’est plus tabou qu’un cliché évident et porté ostentatoirement. Est-ce qu’on demande à une drag-queen pourquoi elle porte des brillants aux oreilles ? Quant au fait que ce cliché puisse intimement vous contaminer, aucune inquiétude ! Un bon dissolvant et vous vous retrouverez intact en dessous !! Le cliché est le meilleur préservatif social qu’il soit !

34. Notre rencontre est à inscrire dans les poncifs du coup de foudre. Mon admiration pour toi était stéréotypée, ton indifférence un cliché, l’impossibilité de notre amour a été surjouée, notre séparation s’est déclinée en une sérigraphie originale… Qu’allais-je donc faire dans cette galère de faux semblants ?

 

  1. Cher Célibataire, sais-tu que tu as toute latitude pour aimer ton entourage pleinement ? Oui car tu as désormais une espace disponible dans ton cerveau : celui que l’on consacre normalement à l’être aimé. Cette région-là est pleine de tendresse, de projection, d’attention, d’observation, de questionnements et de réconfort. Mais toi qui n’a personne à chérir de cette façon, à qui vas-tu consacrer ces instants de méditation ? Tu peux choisir de les dédier à ton travail, je te le concède. Mais une fois que tu auras compris que ta carrière est aussi insaisissable que les chimères et que ton bien-être professionnel dépend d’incompétents et d’imbéciles, si ce n’est d’égoïstes et de prétentieux, tu auras probablement envie d’investir ailleurs. Alors pourquoi ne pas consacrer ces pensées à d’autres êtres humains ?

Cela pourrait être toi et sans doute tu perdrais moins de temps qu’en pensant à d’autres individus car ceux qui ignorent qu’on leur consacre des efforts intellectuels sont d’une insupportable ingratitude !

Tu pourrais également dédier tes cogitations à des êtres transcendants, probablement inaccessibles et ignorants de ton existence (Georges Clooney en fait partie). Mais est-ce bien raisonnable quand on sait que TF1  a coté ton temps de cerveau disponible à l’équivalent d’une publicité pour le jambon découenné ? Offrir ce territoire d’introspection à des personnes que tu aimes me paraît le meilleur compromis possible, je dirais même le placement le plus judicieux  de ta vie (bien plus rentable que des actions d’eurotunnel ou des subprimes). Car ces créatures valent le coup que tu leur accordes de ton attention si précieuse. Pense à Maman qui te reproche de ne pas savoir gérer ton budget, à ta super copine qui te  dit que ta consommation d’alcool suit l’élévation du niveau de la mer au Pays-Bas, à ta fratrie qui a perdu depuis longtemps ton adresse mail ou à tes enfants ados qui préfèrent écouter les gourous de youtube plutôt que tes vieilles histoires de famille. Avec eux, tu ne perds pas ton temps, car il n’y a que lorsqu’on investit dans le développement durable qu’on récolte bio !  (Et ils font partie de la bio-sphère de ta vie)

A force d’élucubrations, tu t’entendras dire :  « c’est bien que tu achète du riz premier prix » de maman, « j’adore passer des soirées avec toi parce qu’on se lâche complètement sur l’alcool » de ta pote préférée,  tu recevras un sms signé frangin/ frangine et il se pourrait même que tes enfants comprennent  que le gourou de youtube a des parents du même âge que toi et que ce qu’il enseigne, c’est juste ce que tu as essayé de leur dire l’année dernière dans un moment d’euphorie avancé et qu’ils n’ont pas entendu parce qu’ils n’étaient pas prêts.  Tous ces couples de ta vie, où qu’ils soient, où qu’ils se logent, quels qu’ils soient, il faut les chérir, les tailler, les laisser grandir, leur mettre de l’engrais, et souffler sur leur braise… ce sont tes vrais grands amours à toi !

 

  1. Merci de m’avoir rendu ma disponibilité de cerveau…j’en avais grand besoin !

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  1. Ami(e) de l’infortune des déserts sentimentaux, sais-tu que tu es le meilleur allié des écolos ? Tu es le pro du recyclage ! Toi seul a le temps de méditer sur la nécessité de donner une deuxième vie à ce qui devrait normalement partir à la poubelle. Car tu as non seulement du temps devant toi pour le faire mais également de l’espace (on appelle cela le vide en astronomie), un luxe à notre époque où les ressources ont tendance à s’épuiser. Et de ce fait tu as acquis un savoir-faire du retraitement de la relation humaine. En effet, combien d’histoire d’amour as-tu reconverti ? Combien de relations as-tu rafistolé à toute hâte pour les voir fonctionner encore un peu ? Certes tu as toi-même été un pollueur remarquable !  Tu as généré pas mal de déchets et forcément à l’échelle individuelle, on s’interroge sur ton empreinte carbone : combien de partenaires as-tu jetés sans en avoir fait pleinement usage   ?  Cette attitude de consommateur inconséquent laisse derrière toi un sentiment de beau gâchis, un peu comme après les élections européennes, lorsque les partis verts progressent sans que cela fasse avancer la législation anti-glyphosate. Que va devenir ta planète ? Qu’à cela ne tienne, il tient à toi de refaire peau neuve ! Que dis-je peau verte, de la couleur des crapauds qui deviennent princes charmants !  Apprends à recycler les amours déçus. Certaines peuvent être transformées en amitié…  si je t’assure. Arrosées correctement et régulièrement, il devrait renaître de ces erreurs de culbute quelques pousses plus durables qui à l’orée de l’hiver te permettront de te sentir moins seul.  D’autres pourraient être exploités en permaculture : tires-en tout ce que tu peux. Un ticket d’autobus, une séance de cinéma, un restaurant,  un coup de main pour le bricolage ; oui car ceux là t’ont couté cher en sueur et ont dévoré ton énergie. Il est juste qu’ils rendent un peu de ce qu’ils ont happé sans vergogne. Quant aux autres, aux produits toxiques : rien à faire, tu ne pourras rien en tirer. Enterre-les bien profond, ou envoies-les dans l’espace.

Reste une question : que vas-tu faire de ces copeaux de sentiment d’amour, de ces épluchures des grands embrasements ? Entasse-les délicatement, alterne partie sèche, partie humide, les vers vont s’en régaler, surtout ceux de Baudelaire ou d’Apollinaire. Couve-les d’amour, aère-les bien en te les remémorant le soir avant de t’endormir au lieu de penser à ta feuille d’impôt. Ce merdier que tu es en train de constituer, selon les lois du bon compostage, c’est le sel de la vie comme dirait Françoise Héritier. Celui qui fera qu’un jour, une fleur ou un fruit y germera de nouveau sans prévenir !

  1. J’ai joué mille fois avec l’idée de te recontacter pour recommencer tout à zéro. Mais cela aurait été une déforestation sauvage, une inondation de mes terres intérieures, un incendie sans espoir de résilience. Alors tant pis pour le réchauffement climatique que tu aurais pu m’apporter. Je serai réfugiée de ton île, migrante pour échapper à un anéantissement écologique, celui de ma biomasse pris dans ta bionasse…
  2. Cher(e) Célibataire, sais-tu que ta position est particulièrement privilégiée. De là où tu te situes, oui là exactement, tu peux déconstruire les mythes qui nous emprisonnent dans un une vie à la con. Et des mythes, il y en a partout. Bien évidemment je ne parle pas de celles qui ont envahi ta cuisine quand tu as laissé cette boîte de céréales ouverte toute une semaine durant l’absence de tes enfants ( à moins que ce soit celle de ton chat). Celles-là, on en vient à bout, la pollution interne de ton habitat y pourvoira. Non, je parle des mythes de la croissance économique, de la virilité toute puissante, des pathologies irrécupérables, de la féminité provocatrice de violences, de l’invasion des migrants, des bienfaits des OGM, de la non-nocivité de l’alcool vis-à-vis du cannabis ou encore du système républicain comme meilleur régime démocratique possible… Tu vois bien qu’ils sont partout ! Quand on est en couple ou en polygamie (pour ceux qui aiment les assemblages acrobatiques) on a déjà fort à faire avec ceux du coup de foudre, du grand amour, du couple qui ne dure que trois ans, de la fidélité indéfectible… Toi te voilà débarrassé de combats inutiles qui empêchent de jeter un œil sur ces faux décors que l’on nous impose. Prend ta lance, ton gourdin, ta fourche et ta machette spéciale jardinet de pavillon et aspire une grande goulée d’air. Car tu vas décaniller tout ces fétiches en quelques mouvements ! 1. Eteins la télévision et la radio. 2. Décapsule une bière ou débouche une bonne bouteille de vin. 3. Invite tes amis et partage-là (c’est quand même mieux) . 4. Et refais le monde jusqu’à plus soif !

Tu verras alors les mythes s’asphyxier et redevenir de microscopiques scories d’un autre monde, absurde et cruel, que tu mettras à la poubelle le lendemain, en même temps que tu glisseras une aspirine dans ton verre d’eau !

 

  1. J’ai lutté pour ne pas faire de toi un mythe vivant. Tu étais à mes yeux l’Homme… avec un grand H. Un H aspiré… un O dans lequel je me suis perdue… trop de M qui se sont consumés aussitôt allumés et un E final pour dire que c’était peine perdue. L’Homme n’existe pas… l’histoire ne dit pas qui était derrière…

 


 

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25. Cher célibataire, tu arpentes ton appartement comme un nomade une vaste toundra glaciale et soudain tu entends une nouvelle qui t’estomaque… une idée géniale entre en trombe dans ton esprit (sans frapper car elle est fantomatique) et tu n’en reviens pas du génie qui bouillonne en toi. Tu te remémores alors cette passionnante discussion que tu as eu avec ce vieux monsieur à la boulangerie en allant faire le plein de chouquettes, sur la concordance du mois de novembre avec les catastrophes, une corrélation à la limite d’alimenter les théories du complot. Et sur tes lèvres se pressent des paroles qui dans cet espace quasi inhabité (1 hab au m²,cela fait un désert en géographie) résonneraient dans le vide si tu les prononçais tout haut… Alors je te le dis, vas-y : parle tout fort ! Tu croyais cela réservé aux fous et aux êtres séniles. Mais tu te trompes. Il faudrait être dément pour garder à l’intérieur de toi ces inestimables remarques que tu élabores dans ton esprit, et trop usé par la vie pour penser qu’elles ne serviront à personne. Enregistre-les, fixe-les dans l’air en les répétant le plus fort possible. Fais les questions et les réponses. Dialogue avec ton esprit ouvertement. Non tu ne perds pas la tête, tu deviens enfin raisonnable ! Énoncer d’une voix claire et distinguée que le voisin est un con et que tu ne sais plus où tu as posé l’éponge réservée aux poêles est nécessaire car telle la chauve-souris dans sa caverne, tu envoies ces ondes sonores pour mesurer ta position dans l’espace. Oui, tu cherches ta situation géographique exacte dans cet instant précis de ta vie. Et seules ces vibrations sonores pourront t’aider à faire le point et à avancer jusqu’au moment suivant. Ces oscillations… et celles de ton rire quand tu prendras conscience que … tu te parles bien à toi-même et que tu avais oublié à quel point il était bon de t’entendre avec cette voix-là… Complicité de l’intime… ultime rentabilité de ton rapport à l’espace et aux sons ! Ecoute comme tu parles bien ! Tu es vivant !
26. Il m’arrivait de te parler et parfois tu me répondais. Mais la plupart du temps nos paroles se suspendaient à des droites parallèles vouées inéluctablement à ne jamais se croiser. J’aurais voulu que tu entendes mes mots, cela aurait été le prélude à ce que je puisse écouter les tiens.

27. Ami solitaire, sais-tu que tu as droit à la fragilité. C’est une amie qui m’ a confié ce secret et je te le transmets à mon tour car la sagesse de ses paroles n’a d’égal que la beauté de ses yeux…
Personne n’a décrété que tu devais être fort tout le temps. A l’instar de ces éoliennes dressées en pleine mer, tu penses que ta seule fonction est d’être solide et efficace, contre vents et marées, résistant aux tempêtes et aux submersions. Et pourtant… tes cernes se creusent, tes mains tremblent parfois, ta dégaine camoufle une hyper scoliose, ton allure de croque-mort effraie les voisins, et de subites angoisses escaladent ta gorge alors que tu scrutes les maigreurs de ton compte en banque ou les grosseurs de tes résultats sanguins… De véritables morbacs ! Avec qui partager cette souffrance qui érode ta stature ? Tes amis te tendent une bouée, mais leur propre rafiot prend l’eau. On a beau essayer d’être le phare de l’autre, il faut bien changer l’ampoule de temps en temps. Alors sois indulgent avec toi-même. Lâche prise, plies comme le roseau, pleur à grandes eaux. Lamente-toi, pleurniche, geins, brame puis chiale franchement ! Il n’y aura peut-être pas de bras pour te consoler dans cette tourmente, à part les tiens qui sont doux et bienveillants mais qui peut en témoigner ? même pas tes enfants ados qu’un Alzheimer inopiné a rendu mutique à ce sujet…
Régresse, recroqueville-toi, laisse-toi descendre à la cave, sollicite ton abri antiatomique intérieur, crie un bon coup, pète un câble en privé ou en public… la fragilité a l’aspect d’une fêlure dont doit sourdre la solitude, celle qui doit s’évacuer une bonne fois pour toute ! Car après le cyclone, l’œil vif, après l’ouragan, la résilience, après la pluie, plus besoin de laver la voiture ! Fais l’économie d’une résistance qui t’épuisera et fais comprendre aux autres qu’ils auront à te supporter dans cet état, surtout s’ils veulent assister à l’after (et on sait bien que l’after, c’est toujours le meilleur) : après la fragilité la force, après l’échec, le mat … dressé haut et fort ! Allez sois joueur !! Play black game first !!

28 Je t’ai trouvé si fragile, surtout après l’amour. Recroquevillé comme un enfant, cela m’effrayait de te voir dans cet état. Je ne me sentais pas capable de te protéger autrement que comme une mère. J’aurais alors été coupable d’inceste… Pourquoi n’avons-nous pas appris, nous les femmes, à voir et accepter la fragilité des hommes… où qu’elle se niche…

Une vie de célibataire exemplaire : 100 trucs qui vous feront aimer la vie de célibataire ! 100 trucs sans commisération ni apitoiement … mais pas forcément intelligents ! (5)

  1. Profitez de la vacuité de votre habitat. Appréciez en effet l’idée que tout ce que vous occupez est à vous, que vous n’avez aucun besoin de partager votre territoire. Des entrechats dans le salon, l’étoile de mer dans votre lit, des piles de croûtes de fromage dans la cuisine, des bouteilles de bière à moitié vides dans votre baignoire, chacun de vos actes de négligence est une forme de résistance, ils doivent être le moyen de faire vibrer votre espace au tintement de vos phéromones. Vous êtes un animal, alors délimitez votre espace et protégez le de toute intrusion ! Aboyez si besoin lorsqu’on sonne chez vous. Avez-vous songé que vous pouvez à tout moment chanter sous la douche des reprises de Céline Dion ou de Motorhead sans que quiconque (le voisin ou la voisine.. est-ce vraiment quelqu’un ? ) ne vous crie « ta gueule ». Régalez-vous à l’idée que vous, vous pouvez vous exercer à un instrument bruyant après minuit (on en vend souvent sur les marchés) et de façon répétitive sans culpabiliser d’avoir déclenché de violentes céphalées dans votre entourage. Cela s’appelle la jouissance spatiale de la liberté et cela n’a pas de prix !!
  2. A tes côtés, je m’efforçais de réduire les bruits de mon corps au point de me torturer, de moduler ma voix à tes fréquences pour ne pas t’effrayer. J’aurais mieux fait d’émettre tout de suite des ultrasons, nous en serions arrivés plus vite à la conclusion que nous étions à nous deux, une musique sérielle dissonante.
  3. De la nourriture comme moyen de résistance. Cher célibataire, je te vois approcher l’hiver et je m’effraies de ton allure recroquevillée sous le frimât de novembre. Prends bien note de ce conseil qui te sera sans doute plus précieux que les autres. Sache qu’à partir de cette saison que l’on appelle l’automne, la nourriture est ta seule planche de salut. Et comme les piliers de la table garantissent sa solidité, les quatre adresses que tu devras révérer sont les suivantes : celles de ton fromager, de ton boucher, de ta pâtissière et éventuellement celle de ton maraîcher (méfies-toi cependant de cette dernière, il se pourrait que dans quelques années les fameux cinq fruits et légumes soient déconseillés, il serait prudent par conséquent de ne point trop en consommer : cela s’appelle le principe de précaution des précautions à prendre en prévision de…).

Evidemment tu rencontreras tout ce petit monde dans le rayon des supermarchés de ton quartier aussi bien que dans les ruelles bobo de ta ville, à toi de déterminer à quel prix tu évalues ta survie !

Vois d’abord le plateau de fromage comme l’horizon des possibles. A lui seul, il est le retour à la terre, la fiesta de ton pif, le cocon de la tradition, la réponse à tes questionnements de pseudo-scientifique sur les effets de la moisissure sur ton organisme. Il tient au corps comme une deuxième enveloppe et d’ailleurs elle poussera au fur et à mesure des mois d’hiver et elle te tiendra plus chaud que ta propre mère.

Le boucher est ton médecin traitant : une petite baisse de régime, il te prescrira une bavette bien épaisse et tu referas ta réserve de fer. Un peu trop de cholestérol et tu iras dire bonjour aux viandes blanches en ragoût, et quand tu te plaindras d’être moins performant intellectuellement, il te conseillera le gras du canard pour tes connexions neuronales !

Quant à la pâtissière, c’est ta meilleure amie, ta confidente préférée. Elle te fournira ta came pour résister aux coups bas de la vie, elle te rassurera sur le fait que « non tu n’es pas trop gros » et que le jaune moutarde te va très bien surtout quand il est assorti au glaçage chocolat des gâteaux. De toute façon, quand tu auras grignoté les deux croquants aux amandes qu’elle t’aura tendus perfidement, tu seras déjà en plein spleen de sucre.

Il reste le cas des légumes et des fruits. Fréquente-les comme un ado rebelle. Ils te donneront le sentiment de bien agir, pour ton corps, pour ton pays, peut-être même pour la planète. Ce sont les Jiminy Criquet de ton assiette !

Allez, mets toi à table, c’est bien là en compagnie du gigot et des haricots blancs que tu te sentiras le moins seul !

  1. Je ne sais pas si tu te nourrissais réellement. Un jour, je t’ai vu avaler un carré de chocolat. Tu te plaignais d’avoir des problèmes de digestion. Je crois qu’en ce qui me concerne, c’est notre rupture qui m’a donné des remontées acides. Pour le reste, mes intestins se portent bien !

Une vie de célibataire exemplaire : 100 trucs qui vous feront aimer la vie de célibataire ! 100 trucs sans commisération ni apitoiement … mais pas forcément intelligents ! (4)

15. Se détacher de la météo

Force est d’admettre que plus  personne ne fait la pluie ou le beau temps  dans votre vie… faudrait-il donc s’en remettre au climat et à ses dérèglements ?  Non faisons fi des prédictions atmosphériques ! Le temps ne doit plus définir vos humeurs. Sortez en anorak  en pleine canicule, arborez un parapluie au milieu du salon, plantez des paratonnerres dans les cafés ou les lieux de rencontres traditionnels (et prétendez qu’il s’agit d’une barre de pole dance si on vous interroge).  Défiez les cieux et arrosez votre environnement de  l’humeur que vous souhaitez. Le moral au beau fixe ? Avec un anticyclone des Açores ? alors que  dehors, les nuages sont tellement bas que vous pourriez tracer du bout des doigts un sillon dans leur épaisseur grise… Ce n’est pas grave !  Portez un beau tee-shirt à paillette luminescent contenant le mot « planète » et « me too »  et sortez !  Bravez le froid, provoquez la pluie (une petite chorégraphie  mimant l’utilisation du fameux paratonnerre pole dance peut servir à cet effet). De toute façon, le temps se détraque et il n’y aura bientôt plus de saison, ni humide, ni des amours… Mettez votre gilet  de sauvetage (il se mariera à merveille avec les paillettes) et installez votre transat au soleil (attention, le créneau horaire et mensuel est assez limité au nord de la France, veillez à prendre vos précautions), avec une boîte de mouchoirs. Si vous décidez que ce doit être le mois de novembre en plein mois de mai (août pour les champardennais), cela vous appartient, au moins autant que l’air pollué que vous respirez !

16. Tu faisais le froid, le beau dans ma vie à en avoir des sueurs chaudes, à suffoquer en plein hiver. Pourtant chaque fois que je tu venais me voir, j’avais le sentiment de passer « over the rainbow », comme après un orage…

17. Boire de la bière

Le lien entre la bière et le célibat est aussi fort et bénéfique qu’entre la coccinelle et le rosier. Vous êtes délicat cher célibataire et parfois, à force d’abandon et de désertion, s’installent sur vous des colonies de pucerons. Nous pourrions les appeler : « impôts fonciers »,  « voisins bruyants », « embouteillage », « hausse des prix », « machine à laver en panne » ou encore « travaux à faire dans la maison » mais à quoi bon, ils sont là et se nourrissent de vous !

Alors au lieu de vous laisser dépérir, prenez une bonne bière. A l’inverse d’un bon pesticide de Monsanto, cette coccinelle-là va s’occuper de vos pucerons. Elle va écarter l’agitation du dehors et vous procurer quelques minutes de bonheur. En solo ou à plusieurs (ah petit pervers va !) même pouvoir d’amnésie, même moment de quiétude et avouez, c’est toujours bon à prendre… même en échange d’une moustache de mousse !!

18. A la tienne… à la tienne encore une fois… et j’y tiens… jamais deux sans toi…

19. Se méfier des habits des autres…

Toujours rester suspicieux vis-à-vis de l’accoutrement d’autrui : certains sont tellement forts à ce jeu de déguisement qu’ils arrivent à dissimuler leur état civil ! Car il en est fini des habits qui signalent le célibat. Vous vous preniez pour Sherlock Holmes à déduire des vêtements de celui que vous croisiez son état de disponibilité ? Mais quelle idée ! Mettez vous à la page !

Ainsi vous refusiez d’office ceux dont les tee-shirts sont mal repassés, les cols serrés, les leggings troués ou les vieux jeans à franges ! Voyant dans cette négligence le lien direct avec un certain désintérêt pour la chasse et le gibier…. Vous vous fourvoyiez ! Indiquer par le port d’une mini-jupe taille S  ou d’un jean moulant, d’un décolleté ou d’une chemise à carreau de marque  que vous seriez au top de l’élégance pour vous faire prendre ou attraper (le jeu du touche-touche  est toujours de mise dans la cours des grands) serait la pire des erreurs à commettre. Comprenez bien qu’un bon chasseur se camoufle pour approcher sa proie. Et que les élégants sont parfois de simples narcissiques repus de leur couple et soucieux de leur image. Autrement dit bas les masque (ohé ohé). Les biens sapés sont les maqués ! Les négligés sont ceux à serrer.

Cependant… Ne vous jetez pas sur n’importe quel débrayé. Certains sont mariés à l’alcoolisme ou à leur ordinateur portable. Laisser les à leur « shot et leur google ». Vous vous avez mieux à faire ! Choisir dans votre garde-robe ce qui vous laissera le plus de chance de capter l’attention d’un candidat : votre polo tout  bouloché ou votre jean plein de tâches de gras ?  Taïaut Taïaut !!

20 Je te trouvais élégant. Pas vraiment négligé, avec un côté glamour vieux beau… Je n’ai pas su décrypter si ton habit t’avait rendu moine… mais moi j’étais nonne de toi…

Les dessous pas très chics des couples mythiques (4)

Taintain et Myloud

A la vie, à la mort, ils étaient inséparables, se sauvant l’un et l’autre, se sortant l’un et l’autre. Qui était au bout de la laisse ? Qui tirait les ficelles ? Quel regard aurait pu lancer Myloud sur son maître que celui-ci n’aurait pas compris en un quart de seconde ? Quelle mimique mystérieuse  – sur son visage de poupon- aurait pu exprimer Taintain que son favori n’aurait pu traduire en un ordre ou une supplication ?

Plus soudés que les doigts de la main, on ne les présentait plus dans les boîtes huppées de Bruxelles la belle. Plus naturelle que la gravité était leur connivence, loin, très loin de la malédiction de la loi de Murphy. Ils avançaient côte à côte, d’aventures en aventures, trottinant et grognant après les méchants et les pas gentils. Ce couple mythique avait cela de merveilleux qu’il semblait inépuisable, inaltérable.

Seulement, les couples mythiques sont faits pour être oxydés. Un jour, Taintain changea de marque de croquette. Cela eut un effet définitif sur leur libido respective. Sans gras et sans sel, Myloud était bien moins excité. Il se traînait d’une case à l’autre, avait de temps en temps des aphasies sur les canapés en cuir des clubs soft. Taintain lui continuait de prendre l’avion ou la voiture et même qu’il servait des burgers à ses petites sauteries au boulot. Myloud trouvait cela injuste. Lui qui connaissait bien Idéfax, avec qui il discutait souvent sur les réseaux sociaux,  il voulait bien pleurer les arbres qu’on arrache et le réchauffement climatique. Mais l’inégalité de traitement dans le couple, même pour les SM, c’est pas le pied !

Alors un matin, Myloud  traîna son compagnon chez un thérapeute de couple. On y invita tous les proches, les grandes tantes, Dupont et Dupont et le vieil oncle alcoolique qui prétendait avoir fait sa carrière dans la marine et hurlait à chaque orage qu’on lui rende la rate de Brest.

Taintain déballa ses envies sexuelles devant le cercle familial, le majordome offrit pour l’occasion  une tournée de Brandy. Quant à Myloud, ce coming out finit de l’achever. Il rentra chez lui la queue basse et refusa de se nourrir pendant plusieurs jours. Ce qui le rendit à une case blanche, totalement vide.

A l’issue de plusieurs séances, le professeur Tornesol et autres pépins prescrit la consommation d’une herbe bien verte cultivée en permaculture. Il conseilla au couple la fréquentation d’un atelier d’art thérapie menée par la Castafiora en précisant néanmoins que cette pauvre dame brisait ses vers avant  que d’achever ses poèmes. Le couple battait du phylactère, les couleurs dégoulinaient, les onomatopées n’apparaissaient plus qu’en police 6. Quant à leurs thérapeute, l’un finit sur la lune, l’autre aidée et soutenue par un trader international incroyablement scélérastapopoulos, finit par prédire à Taintain la fin de son couple.

C’était sans connaître les ressources du jeune novice qui opta pour  biocoop et permit à Myloud de reprendre un régime semi-carné.  Ils s’inscrivirent tous les deux au composteur du quartier, militèrent pour l’ellipse, les arrière plans et  les canisites à chaque coin de rue. Le soleil et le ciel bleu reprit place en fond de  conversations.

Comme quoi, les meilleures histoires belges, c’est celles qui se finissent bien !

Une vie de célibataire exemplaire : 100 trucs qui vous feront aimer la vie de célibataire ! 100 trucs sans commisération ni apitoiement … mais pas forcément intelligents ! (3)

11. Choisir ses films avec discernement. Oui cela fait également partie du kit de survie. Il existe ce qu’on appelle une niche concernant les femmes célibataires. Je parle bien évidemment des films sentimentaux. Sans doute en existe-t-il une spécifique aux hommes mais comme je n’y connais rien en sport télévisuel ou en porno sur internet, il me sera plus difficile d’en parler. Certains grands groupes de diffusion et de production en ont fait leur spécialité. Comprendre la complexité de la pensée féminine d’aujourd’hui nécessite à leur yeux une bonne équipe de  scénaristes – une trentaine au bas mot – recrutée à plein temps, dormant et mangeant sur place. Qui doit d’ailleurs pratiquer la psychothérapie de groupe, très utile quand on sèche  sur le énième scénario dudit créneau. Que retient-on de ces chefs d’œuvre ? Des évolutions notables, mutations réelles ou fantasmées de l’avenir de la célibataire ?

  • Les femmes s’autonomisent émotionnellement et acceptent de vivre seules (bon il y a bien un ou deux couples qui se forment pendant les 1h45 mais ce n’est plus obligatoirement l’héroïne qui passe à la casserole)
  • Elles n’aspirent qu’à se réaliser et à s’épanouir
  • Et s’il leur arriver de s’accoupler, ce n’est qu’en soupesant l’idée d’un bonheur à deux, le corps et l’esprit devant exulter de concert.

Vous saisissez comme moi, à la lecture de ces nouveaux préceptes que le film sentimental s’est légèrement décentré de son but initial. Il ne s’agit plus d’éprouver du sentiment pour l’autre mais d’en ressentir avant tout pour soi même. Sans doute les scénaristes ont pris la mesure du nombre croissant de célibataires dans le monde (et surtout de leur pouvoir d’achat).  Bref, que de bonnes intentions ! Heureusement qu’ils agissent pour créer de nouveaux clichés, sinon on s’ennuierait le soir avec notre boîte de chocolat et un bon (100 % pléonasme) roman d’Annie Ernaux. Car ce n’est pas un film mais des centaines de longs métrages à l’avenant qu’on nous prépare… un peu comme si on nous formait petit à petit à un monde apocalyptique dans lequel le couple aura disparu (faute de candidat de l’autre espèce ?  métamorphoses corporelles crées par la réchauffement climatique ?) où il faudra nous sauver nous même avant que de sauver l’être aimé.

Argh, célibataire de tous bords, fuyons ces sillons abreuvés de billets verts ! Un modèle peut servir, il peut inspirer mais pas une norme. Allons vers une fabrication plus artisanale. Rien de mieux que de vous faire votre propre petit film sentimental dans votre caboche (le dimanche soir, ça se fait tout seul, même pas besoin de fermer les yeux). Quant à regarder la télévision, on peut apprendre bien plus de l’unicité de la création en regardant un documentaire animalier que d’une comédie romantique issue d’une fabrication à la chaîne. Mal bouffe cinématographique dont le but caché (oui il y a des complots partout) est de nous pousser à murmurer le numéro de notre carte bleue  à un site proposant le coach de vie vendu avec !

12. J’ai aimé ces films originaux et décalés que tu m’as fait découvrir. C’était tellement différent et dissonant. Je savais que je ne regarderais rien dans la même veine mais ce petit tour dans ton univers détraqué et exubérant est le meilleur tonique que je n’ai jamais pris !

13. Avoir toujours sous la main un homme -ou une femme- portatif. Une simple effigie dessinée sur un carton suffirait. Cela dit, si vous avez des amis illustrateurs, c’est le moment de leur demander un petit service. Vous partagerez avec elle/il des moments clés. Vous déjeunerez avec elle/il, vous l’inviterez à aller voir une expo. Vous pouvez même lui promettre de lui offrir l’entrée (vous la déposerez néanmoins au vestiaire, surtout s’il s’agit d’une expo d’art contemporain, on pourrait vous accuser de vol). Avoir des conversations intelligentes et savoir que l’autre est toujours à portée de main, c’est extrêmement rassurant et gratifiant n’est-ce pas ? De même, vous pourrez vous  en débarrasser aisément. Un placard, le local à ordure et voilà vos problèmes de couples réglés en quelques secondes… le rêve de tout célibataire !

14. J’ai essayé de découper une forme de toi dans un vieux bout de carton et j’ai échoué. Les ciseaux et moi, on est fâchés depuis la maternelle. Le carton a plié, ce n’était que l’ombre de toi-même. Je t’ai glissé amoureusement dans la poubelle jaune…

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5. Ne lésinez pas sur le sport. Vous pensiez y couper, profiter de votre liberté et vous avachir sur votre canapé une bonne bière à la main avec pour subsistance des nutriments contenant 50 % et plus de gras saturé. Eh bien vous vous trompez ! Le capital d’un célibataire réside dans son corps ! Il faut donc investir dans la plastique, capitaliser dans le muscle, mettre une option sur la fesse ferme et prétendre au ventre plat. Quoi, vous osez protester ? Vous n’êtes pas qu’un corps et vous voulez qu’on vous choisisse pour votre personnalité ! ? Vous avez le droit d’être naïf… mais point trop n’en faut.

Penser comme une plante carnivore. De beaux attraits sont indispensables pour capturer des proies. C’est la nature qui le dit ! Et les saisons passant, la verdeur de vos feuilles va pâlir, votre tige s’amollir, et ne parlons pas de vos pétales qui vont plisser comme un vieil annuaire abandonné dans une cabine téléphonique (les moins de 20 ans ne cherchez pas à comprendre ou imaginer la fin de cette phrase, vous êtes face à une faille spatio-temporelle).

Mieux voyez le sport comme un moyen de tomber amoureux de vous-même ! Car il n’y a que lorsqu’on fait du sport qu’on regarde vraiment son corps (sous la douche, ça ne compte pas parce que vous n’avez pas vos lunettes ou que vous essayez de lire le mode d’emploi de tous les shampoings). Et  de vous sentir encore vivant, d’évacuer quelques mauvaises ondes. Votre ex qui vous a largué sans un regard : allez hop dix pompes de plus, votre collègue qui vous fait remarquer que vous êtes toujours seul, allez zou on se refait 5 longueurs de crawl  à la piscine (les proportions sont tout à fait fictives, vous adapterez en fonction de vos besoins).  Le sport ne fera sans doute pas de vous le plus attractif des sauveteurs d’Alerte à Malibu (sauf si vous étiez déjà dans cette catégorie d’être humain auparavant) mais vous chérirez cette activité lorsque vous n’aurez plus à pester parce que deux allers retours aux poubelles de verre, ça fait mal aux cuisses !

 

6. Que j’ai aimé faire du sport avec toi… surtout sur le grand canapé…

7. Vous avachir sur le canapé, c’est votre droit le plus inaliénable ! Quoi ? Mes conseils seraient contradictoires et par conséquent inapplicables. Que nenni ! C’est une question de dosage !

Sachez que vous avez le droit à la régression, au retour au néandertalien (enfin les mieux lotis, ceux qui vivaient dans les  grottes avec une bonne connexion). Il ne s’agit plus de dialoguer avec votre corps comme l’impliquait une activité sportive, mais de  laisser votre corps et votre cerveau primitif prendre le pouvoir et décréter les congés payés pour quelques heures, quelques jours (il y a des pratiques intensives même dans cette catégorie).

Appréciez alors ce moment où vous ne réfléchissez plus et vous ne faite qu’un avec votre couverture pilou pilou et votre coussin taché de gras. Trump, le réchauffement climatique, la guerre en Syrie, le harcèlement sexuel, les migrants, votre retraite improbable… oubliez les ! Ils n’existent plus. C’est beau, et c’est bon le déni ! C’est la pause « kit kat ». Donnez-vous la volonté d’une algue, l’attractivité du concombre de mer, la réactivité du lamantin et vous allez vous sentir incroyablement zen. A votre retour dans le monde réel, tout sera à l’identique mais vous… gorgé de bière et de pizza au chocolat, vous serez bien  pendant au moins dix minutes !

 

8. J’ai aimé ne rien dire à tes côtés. Accepter que tu t’éteignes comme une ampoule et veiller auprès de toi, d’un œil et d’une oreille, comme un chien lové à ton corps.

9. Avoir de bonnes relations avec ses parents. Peut-on étendre cette prescription à tous les célibataires ? Bien évidement, cela paraît difficile. Il y a les parents toxiques, comme il y a des enfants toxiques… et des parents morts ou lointains. Bref loin d’être une règle, c’est une idée très théorique. Et d’ailleurs qu’est-ce qu’  « avoir de bonnes relations » avec ses parents ? Acquiescer à tout ce qu’ils disent, s’apercevoir qu’on leur plaît moins que ce qu’on s’imaginait ou qu’on les admire moins qu’auparavant,  leur en taper cinq en parlant de leur bilan de santé respectif et tourner le dos aux tempêtes à venir, les regarder vieillir en pensant qu’on se flétrit en même temps ? Difficile à dire. Néanmoins, dans la mesure du possible, avec ce que l’on a, ce que l’on peut faire, ce que l’on veut pour soi, pour les autres,  l’apaisement est préférable à la guerre. Lutter sur tous les fronts est impossible alors à chacun de définir les bonnes relations, même si il s’agit en définitif d’une absence de relation.

10. Je n’ai jamais rencontré tes parents… me les aurais tu présentés ? Cela semble improbable… Il aurait fallu un tremblement de terre, l’annonce d’une troisième GM ou une invasion d’extraterrestres pour nous mettre en présence… je n’aurais pas voulu te présenter les miens… encore moins ma mère…